mardi 24 avril 2012

Commentez votre module favori et gagnez une tablette Android !

Un petit concours sympa et alléchant est lancé par AMO. Il s'agit d'exprimer en 200 mots maximum votre enthousiasme communicatif pour votre module favori. Euh, oui il faut le faire en anglais (ça vous fait une bonne occasion de vous exercer à la langue de Shakespeare, hein).

Voici comment faire pour participer et gagner peut-être une des trois tablettes Android :

  1. Retrouvez votre module favori sur le site d'AMO
  2. Écrivez un commentaire enthousiaste et si possible original
  3. Juste au-dessus de votre commentaire figure un lien permalink, cliquez et copiez l'adresse dans votre presse-papiers.lien permalink à cliquer
  4. Allez sur cette page et remplissez les champs du formulaire. C'est au point 3 que vous pouvez coller l'URL que vous avez copiée.
  5. Validez en cliquant sur le bouton Submit

Vous pouvez participer jusqu'à 3 fois avant le 24 juin. Davantage de détails et de conseils sont à découvrir ici ou .

vendredi 20 avril 2012

Personnaliser Firefox et Thunderbird avec les modules complémentaires

Les logiciels de Mozilla sont connus et reconnus pour la personnalisation extrême qu'ils permettent. Peut-être même avez-vous choisi Firefox ou Thunderbird pour cela. Mozilla met naturellement en avant cette flexibilité pour son navigateur Web et pour son client de messagerie. Les développeurs de Mozilla ont mis en place de nombreuses fonctionnalités internes qui rendent facile la personnalisation de l'interface et, au-delà, ils permettent à des développeurs extérieurs d'étendre les possibilités des applications.

Chez Mozilla, on appelle « modules complémentaires » les applications extérieures qui servent à personnaliser (traduction de l'anglais Add-ons, plus concis). Ainsi, dans les deux logiciels un item de menu (menu unique « Firefox » dans les versions récentes du navigateur ou menu « Outils » dans Thunderbird et Firefox 3.6) justement nommé « Modules complémentaires » ouvre un « Gestionnaire de modules complémentaires ». Les modules y sont rangés en trois catégories.

Commençons : « Apparence » regroupe les thèmes complets qui rhabillent entièrement votre application en en changeant par exemple les boutons et les thèmes légers (ex-Personas) qui mettent uniquement une image de fond sous les barres d'outils. Apparence dans Firefox

Une autre catégorie est celle des plugins. Parfois traduit en français par « greffon », le terme « plugin » est utilisé, même dans la presse francophone, dans le monde du logiciel pour désigner indistinctement tous les modules complémentaires. Dans le monde de Mozilla, les plugins sont des applications distribuées par des entreprises tierces pour lire leur format de contenu comme les animations, les vidéos, les jeux ou les documents PDF. Car il est important de les tenir à jour, Mozilla a mis à disposition une page qui détecte vos plugins et compare leur version avec la base de données tenue à jour par la communauté afin de déterminer quel plugin est obsolète.

Plugins dans Firefox

La catégorie des extensions est celle qui est la plus fournie. Une extension ajoute des fonctionnalités ou modifie les fonctionnalités existantes du logiciel principal. Une extension peut faire, savoir et faire savoir tout ce que le logiciel de Mozilla peut faire, savoir et faire savoir. Il faut donc être très prudent en installant une extension et ne la prendre que sur un site de confiance. Ainsi, sur le site de Mozilla, les extensions sont, sauf mention contraire, vérifiées par l'équipe des éditeurs de Mozilla.

Extensions dans Thunderbird

Pour découvrir des extensions approuvées par Mozilla, Firefox et Thunderbird comprennent un catalogue (toujours accessible dans le gestionnaire de modules complémentaires) où sont présentées des extensions « en vedette » et des extensions recommandées pour vous. Toujours dans le gestionnaire, un champ de saisie permet de lancer une recherche. Chaque résultat retourné permet d'installer l'extension décrite.

Bien sûr, le site d'AMO renvoie souvent davantage de résultats. C'est le meilleur moyen d'y découvrir plus d'extensions. Le site fournit en plus de la recherche (avec propositions au cours de la saisie) le classement des extensions par catégorie, par popularité, par mot-clé, etc. et fait des recommandations grâce aux extensions en vedette. Un outil particulièrement intéressant sur le site d'AMO s'appelle les collections. Elles permettent à n'importe quel utilisateur de rassembler des modules complémentaires et de les partager. Vous pouvez ainsi découvrir des extensions conseillées par des utilisateurs connus comme Mozilla lui-même et vous abonner pour suivre les découvertes de vos utilisateurs de confiance.

Participez !

Selon vos compétences, vous avez plusieurs possibilités pour participer à l'élaboration et à la distribution des extensions (et même des thèmes) pour les logiciels de Mozilla. À commencer par la rédaction de commentaires et la diffusion de vos collections sur le site d'AMO, vous pouvez être acteur dans le monde des extensions. Vous pouvez ainsi traduire des extensions sur le site BabelZilla. Vous y trouverez des outils facilitant la traduction et des conseils des membres de la communauté. En tant que francophone, vous pouvez aussi aider les utilisateurs ayant un problème avec leurs extensions dans un logiciel basé sur les technologies Mozilla sur les forums d'entraide communautaire de GeckoZone. Comme le dit la page « contribuer » de Mozilla : « Vous n'avez pas besoin d'être un gourou du C++ (ni même de savoir ce que cela veut dire !) pour participer. Vous avez juste besoin d'aimer le Web. »

Cependant, si vous savez coder grâce aux langages qui servent à développer les extensions, vous pouvez avant de vous lancer dans votre première création, en apprendre beaucoup en participant à la révision du code des extensions sur AMO. Alors, à bientôt ?

Allez plus loin

Pour en savoir plus sur les modules complémentaires, vous pouvez commencer votre voyage par les documents suivants :

samedi 14 avril 2012

Au revoir Mozilla

Je réfléchis depuis quelques jours aux discussions et aux décisions qui ont été prises à propos du code de conduite de Mozilla et de mon implication dans le projet.
Un débat de société américain a été amené par quelques personnes sur un terrain où il n'aurait pas dû se trouver, au sein du projet Mozilla, très loin des préoccupations du Manifeste de Mozilla. Selon moi, utiliser Mozilla comme une tribune, et en quelque sorte prendre en otage la communauté —bien que je puisse comprendre et soutenir leurs revendications— est au mieux intellectuellement malhonnête.
Ces revendications et ce débat auraient dû rester à leur place : au sein de la Corporation Mozilla, ou dans la société civile américaine.
De plus, toujours selon moi, les responsables de Mozilla ont accepté cette situation et il en résulte une chape politiquement correcte sur l'ensemble de la communauté.
C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour moi, après quelques autres déconvenues survenues pendant mes neuf années de contribution.
Cela m'attriste, mais je ne peux plus contribuer dans ces conditions, c'est pourquoi je me retire de ce projet.
Je n'oublie pas pour autant les personnes que j'ai pu rencontrer et mieux connaître, dont certains sont devenus de bons amis et les bonnes rigolades sur IRC et IRL.
Je rencontrerai sûrement encore certains d'entre vous lors d'événements comme les JDLL ou le FOSDEM car je ne quitte pas la communauté du logiciel libre. Je m'accorde quelques jours de répit avant de trouver un autre projet auquel contribuer.

Live long and prosper ;-) .

Cédric

vendredi 13 avril 2012

Withdrawal

I've been thinking for a few days about the discussions and decisions made about the Mozilla code of conduct and my commitment to the Mozilla Project.
An American societal debate has been brought by a few people into a ground where it should not have to: into the Mozilla Project, really far from the Mozilla Manifesto. In my opinion, using Mozilla as a tribune, in someway holding the community to ransom —though I can understand and support their claims— is at best intellectually dishonest.
These claims and debate should have remained where they belong to: inside the corporation, or in the civil society.
Furthermore, still according to me, the Mozilla leaders accepted this situation.
It's the last straw for me, after some other disappointments during these last 9 years of contribution.
I'm sad about this, but I can't contribute anymore, so I'm withdrawing from this project.
Live long and prosper.

Cédric.

lundi 9 avril 2012

Think Global, Act…

This is an attempt by the Frenchmozilla team to translate this original blog post by Clochix. (1).

Tonight I realize that I have been wrong for a long time when introducing Mozilla as an organization of friendly hippies whose mission is to make the Web better. My bad. Mozilla's mission is not to make the Web better but to make people's lives better. The Web is just the mean used by the Foundation to reach this goal.

The Web is an immense wasteland that Mozilla want to help us live in comfortably. It does so by providing tools to cultivate this land and teaching us how to use these tools. The mission of the Foundation and its value are global, you can agree with them whatever your culture is, I think. But even if we can easily agree on this universal goal, the means to reach it are much more complicated.

During its pionneer years, Mozilla mainly chose a technical path, creating tools. A domain where there are few cultural peculiarities that interfere. You can still debate on what would be more appropriate to forge, a shovel, a spade or a digging shovel. But this would be more personal choice than collective history.

Nowadays we have a set of tools at hand, so it is time to go to the next level: learn how to use them and invent new usages. This is where things start becoming complicated. The issues involved go beyond technical questions and are starting to shift into to social and cultural interactions. We are drifting away from the universal towards an area where there are multiple points of view, depending on the social and cultural environment in which members of the community have grown up in and come from. It is much more difficult to communicate with everyone using one common language. During the past few months I happened to notice 2 examples clearly showing this problem. Two cases where, though I understand and agree with the stated goal, I feel uneasy with the proposed way of achieving it.

The first one is the influence of the North American variant of scoutism on Mozilla. Mitchell Baker recently mentioned how she has been influenced by being one Girl Scout of the United States when younger. Mark Surman, another key person of the Foundation, has just suggested that Mozilla could help and create a Webscouts movement.

This is not only verbal assumption. OpenBadges, which is the key project for Mozilla investment in education, is directly inspired by the badges given as rewards by some scouts movements to testify one acquired ability or another. Unfortunately, the badge concept and its link to education seems to me very hard to explain to the French-speaking people I happen to discuss with. The basics of Scout culture are probably less known in French society as a whole. It may not be relevant to use this reference as inspiring.

That's Mark Surman, again, who made me think about this second case, talking about the possibility to use the generic name of "Web Makers", to name the support program for creation on the web. That's a concept Mark introduced last year and which is inspired directly from the "makers" movement, a very active group in the USA since a long time.

Mark also refers to the peculiar ethics of the adepts of this movement, willing to transpose it to the Web. But, this movement is almost invisible in France, or it has neither the form nor the impact of the one in the US. And about makers ethics…

How, then, could we be able to explain what Mozilla wants to do, talking about WebMakers? There isn't any French word to address this concept, how could we explain something we don't even know how to name?

All that tends to make me wonder whether Mozilla should not include a touch of relativism in its plans. Yes, it is crucial to teach the Web, yes again, creation on the Web must be enhanced and supported, I assume everyone belonging to the community agrees on these points. But the way to achieve these goals may not be the same everywhere. Some analogies here will be clear enlightment, but there would possibly obscure things. I don't like cultural revolution when decided from the above. Maybe each local community, with the support of Mozilla Foundation, should try and grasp these questions of education to the Web and Web creation, and try and solve issues matching local context. Wait a minute, wouldn't it be a refreshed version of the famous motto by René Dubos "Think Global, Act Local"?

What do you think?

---

(1) Yes, it is Mozilla-related and CoC (whatever) compliant. This blogpost has been certified discrimination-free by our most respected B.O.R.E (Board Of Respect Evaluators)

samedi 31 mars 2012

L'extension du mois d'avril

Vos mots de passe en clair ? - Pourquoi pas ?

Pourquoi masquer vos mots de passe ? Si vous redoutez qu'on regarde votre mot de passe par-dessus votre épaule, ce billet n'est pas pour vous.

Si comme moi vous ne supportez pas de voir des p****** d'astérisques ou puces s'inscrire sur votre écran à chaque fois que vous devez saisir ou confirmer un mot de passe, même quand personne n'est derrière vous pour voir ce que vous faites, la petite extension Unhide Passwords(1) pour Firefox est pour vous.

Elle affichera tout simplement le texte de vos mots de passe pour vous faciliter la vie. Un simple clic hors du champ de saisie fait revenir les astérisques.

mot de passe masqué

Mot de passe en clair

Les quelques options offertes permettent de modifier le formatage du mot de passe affiché. Vous pouvez par exemple choisir une couleur faiblement contrastée pour ne pas rendre *trop* visible votre mot de passe.

Options de l'extension Unhide passwords

Et bien sûr, vous pouvez choisir de ne plus dévoiler les mots de passe si par exemple vous êtes dans une situation où vous montrez votre écran à un public lors d'une conférence, ou bien si vous êtes dans un environnement de travail collaboratif intense.

Vous êtes sceptique, vous avez peur ?

Logo de l'extension Unhide Passwords

Voici 5 bonnes raisons de ne plus masquer vos mots de passe :

  1. Masquer les mots de passe n'est pas satisfaisant au plan de l'accessibilité
  2. Si votre voisin veut voir votre mot de passe il peut regarder les touches du clavier que vous enfoncez, même si le mot de passe est remplacé par des astérisques
  3. La plupart du temps, absolument personne ne regarde par-dessus votre épaule, c'est vous seul qui peinez à écrire en aveugle
  4. Si vous utilisez un mot de passe compliqué (ce qui est une bonne idée) vous multipliez vos risques de vous tromper en le saisissant s'il est masqué
  5. Beaucoup d'utilisateurs devant la difficulté de saisir un mot de passe complexe sans erreur vont se résoudre à employer un mot de passe beaucoup trop simple ou à copier le mot de passe depuis un fichier, ce qui est dangereux en termes de sécurité.

Si cette extension semble ne pas fonctionner sur certains sites, c'est très probablement que les pages ne sont pas encore complètement chargées. Les extensions ne peuvent modifier que les pages complètement chargées, donc il se peut que vous ayez encore un mot de passe masqué tant que la page n'est pas complète.

(1) L'extension Unhide Passwords sur AMO

dimanche 25 mars 2012

Mozilla IT and Community

Matthew announced a few weeks ago his new goals for 2012 about Mozilla IT & Growing Community.
So we jumped at the chance to gather all our local websites, blogs, wikis, mailing-lists, bots, etc. into a single hosting. This allowed us to have more sysadmin resources available when needed, to have a more powerful server which can process in a snap all the actions needed to update the 100 locales hosted for the transvision tool for release, beta, aurora and central branches without overloading our server.
Thanks to this, we could also get rid of Adsense on frenchmozilla.org site, which was used to pay our hosting provider, and we used the occasion of the moving to refresh the design of our ten-year old website.
So thanks Matthew for your initiative.
Next step for us, merging all of our local sites into a single point of entry/portal.

Mozilla IT et la communauté

Matthew annonçait il y a quelques semaines ses nouveaux objectifs pour l'année 2012.
Nous avons donc sauté sur l'occasion pour réunir au sein d'un même serveur tous nos sites, blogs, wikis, listes de diffusion, bots, etc. Ceci nous a permis d'avoir plus d'administrateurs système disponibles quand c'est nécessaire, d'avoir un serveur plus puissant qui peut traiter en un clin d'œil toutes les opérations nécessaires pour mettre à jour les 100 locales hébergées du glossaire transvision pour les branches release, beta, aurora et central sans mettre à genoux notre serveur.
Grâce à cela, nous avons pu nous passer des publicités Adsense sur frenchmozilla.org, qui nous servaient à payer notre hébergeur, et nous avons profité de ce déménagement pour rafraîchir notre site après dix ans de valeureux services.
Donc, merci Matthew pour ton initiative.
Prochaine étape : rassembler tous nos sites en un seul portail.

samedi 25 février 2012

Bugzilla 4.2 et 4.0.5 en français

La version finale de Bugzilla 4.2 est disponible en français. Outre les dernières corrections de stabilité depuis la version 4.2rc2, elle contient un correctif de sécurité qui s'applique aussi à Bugzilla 4.0.5.
La sortie de cette version finale 4.2 annonce la fin de support pour la série Bugzilla 3.4.x. Il est donc recommandé à tous ses utilisateurs de procéder à la mise à jour vers la version 4.2.

Comme à l'accoutumée, vous trouverez les téléchargements pour les paquets français sur notre page Bugzilla.

jeudi 9 février 2012

Bugzilla 4.2rc2, 4.0.4, 3.6.8 et 3.4.14 disponibles en français

Le 31 janvier ont été publiées les versions 4.2rc2, 4.0.4, 3.6.8 et 3.4.14 de Bugzilla.
Bugzilla 4.2rc2 est la deuxième version candidate et probablement la dernière avant la version finale de Bugzilla 4.2.
Bugzilla 4.0.4 est la dernière version stable et contient divers correctifs et un correctif de sécurité.
Bugzilla 3.6.8 et 3.4.14 contiennent des correctifs de sécurité.
Tous les détails pour ces versions sont disponibles sur le site de Bugzilla.

Les versions francisées sont disponibles sur notre page Bugzilla.

dimanche 1 janvier 2012

Sorties de Bugzilla 4.2rc1, 4.0.3, 3.6.7 et 3.4.13 en français

Les ver­sions 4.0.3, 3.6.7 et 3.4.13 sont dis­po­ni­bles en fran­çais.

Ces versions contiennent des correctifs de sécurité. Il est donc recommandé de procéder à la mise à jour de vos installations Bugzilla.

Vous pouvez télécharger ces versions sur notre page Bugzilla.

Avec ce train de publication, arrive la première version candidate de la série 4.2 qui apporte tout un lot de nouveautés :

(Notes de version originales)

Support expérimental de SQLite

SQLite est maintenant géré par Bugzilla et devient le quatrième moteur de base de données aux côtés de MySQL, PostgreSQL et Oracle. La gestion de SQLite doit être considérée comme expérimentale, au moins jusqu’à la prochaine version majeure.

Veuillez noter que l’utilisation de SQLite n’est recommandée que pour les petites installations. Les installations plus importantes doivent utiliser MySQL, PostgreSQL ou Oracle.

Création d’un fichier joint en collant du texte dans un champ texte

Vous pouvez maintenant créer un nouveau fichier joint en copiant simplement du texte dans un champ texte, en plus du processus normal pour joindre des fichiers.

Courriel de bogue en HTML

Par défaut, les courriels de bogue (notifications par courriel des changements survenus dans les bogues) sont maintenant envoyés au format HTML qui est plus lisible que l’ancien format texte. Les personnes préférant utiliser l’ancien format texte peuvent cependant toujours le choisir dans leurs préférences.

La section de recherche personnalisée dans la page de recherche avancée a été repensée pour fonctionner d’une manière plus pratique. Les requêtes complexes sont plus faciles à élaborer et fournissent des résultats plus appropriés, car elles ont été écrites en utilisant une logique plus intuitive. Quelques requêtes très compliquées restent cependant encore impossibles à générer. Ceci pourrait évoluer à l’avenir.

Désactivation des anciens composants, versions et jalons

Les anciens composants, versions et jalons peuvent maintenant être désactivés. Les bogues les utilisant ne sont pas affectés, mais ces valeurs ne seront plus disponibles pour les nouveaux bogues.

Affichage d’un champ personnalisé en fonction de plusieurs valeurs d’un autre champ

Un champ personnalisé peut maintenant être affiché en fonction de plusieurs valeurs d’un autre champ. (Par exemple, un champ personnalisé peut maintenant apparaître dans plusieurs produits). Auparavant, vous ne pouviez afficher un champ personnalisé qu’en fonction d’une seule valeur d’un autre champ.

Journalisation de tous les changements dans Bugzilla

La plupart des changements effectués via l’interface d’administration sont maintenant journalisés dans la base de données, dans la table audit_log. Il n’y a pas encore d’interface utilisateur pour accéder à cette table, mais les développeurs sont libres de créer leurs propres outils pour suivre les changements faits dans leur installation. Ceci n’est que la première étape et des améliorations sont attendues dans les prochaines versions.

Améliorations d’accessibilité

Un projet a démarré grâce à Francisco Donalisio d’IBM pour que Bugzilla respecte les standards du W3C Web Accessibility Initiative. Beaucoup de travail reste à faire, mais nous nous attendons à une bien meilleure compatibilité dans la prochaine version majeure.

Autres améliorations et changements

Améliorations pour les utilisateurs

  • Bogues : Les utilisateurs sans privilèges « editbugs » ne peuvent plus supprimer d’autres utilisateurs de la liste « Copie à » des bogues.
  • Bogues : Les ID locaux de bogue sont maintenant valides dans le champ « Consulter aussi ». Ajouter un tel ID créera un lien réciproque dans l’autre bogue.
  • Bogues : Après l’édition d’un bogue ou d’un fichier joint, l’URL est automatiquement changée pour show_bug.cgi au lieu de post_bug.cgi, process_bug.cgi ou attachment.cgi de sorte que le rechargement de la page (par exemple lors du redémarrage du navigateur) affiche la bonne page. Cette fonctionnalité est gérée par Firefox, Chrome et Safari, mais pas par Internet Explorer 9.
  • Bogues : Les comptes inactifs ne sont plus affichés dans les champs utilisateur quand l’autocomplétion est activée.
  • Bogues : L’autocomplétion pour les noms d’utilisateurs est désormais bien plus rapides sur les installations ayant beaucoup de comptes utilisateurs.
  • Bogues : Le champ « Consulter aussi » accepte maintenant des URL des logiciels de suivis de bogue MantisBT, Trac, JIRA et sourceforge.net.
  • Bogues : L’affichage d’un bogue ayant beaucoup de dépendances est à présent beaucoup plus rapide.
  • Fichiers joints : L’encodage de caractères des fichiers texte peut être automatiquement détecté lors du téléchargement des fichiers.
  • Étiquettes : Changer le destinataire d’une étiquette ne change plus le demandeur.
  • Rapports : Si JavaScript est activé dans votre navigateur Web, le tri par colonne dans les rapports tabulaires est possible pour toutes les colonnes.
  • Graphes de dépendances : L’option Afficher chaque bogue du système ayant des dépendances a été supprimée.
  • Recherches : Les colonnes affichées par défaut dans les listes de bogue ont changé. Les colonnes affichées par défaut sont à présent :
    produit | composant | responsable | état du bogue | résolution | résumé du bogue | dernière modification
    Ceci signifie que les colonnes priorité, gravité et système d’exploitation ne sont plus affichées par défaut.
  • Recherches : Les listes de bogue n’afficheront désormais que les 500 premiers bogues par défaut. Il est cependant encore possible d’afficher la liste complète.
  • Recherches : Lors de l’utilisation des dates relatives, -1w est maintenant un synonyme de -7d et signifie 7 jours exactement. Auparavant, -1w signifiait le début de la semaine, ce qui était perturbant pour certains utilisateurs. La même confusion existait pour -1d qui était différent de -24h, et pour -1m qui était différent de -30d. À présent, si vous voulez vraiment le début du jour, de la semaine ou du mois, vous devez utiliser -1ds, -1ws et -1ms respectivement, où « s » signifie « début de ». Ce changement affectera les recherches enregistrées utilisant les dates relatives.
  • Recherches : Il est maintenant possible de faire des recherches de bogues basées sur des marqueurs personnels dans la section de recherche personnalisée dans la page de recherche avancée.
  • Notifications par courriel : La date et l’heure des commentaires ne sont plus affichées dans l’en-tête du courriel de bogue. Cette information est déjà disponible dans l’en-tête du courriel lui-même.

Améliorations pour les administrateurs et les développeurs

  • Installation : checksetup.pl est maintenant moins verbeux lors de la création d’une nouvelle base de données.
  • Sécurité : Bugzilla 4.0 utilise Math::Random::Secure pour générer des nombres pseudo-aléatoires sécurisés par chiffrement, mais il est apparu qu’installer ce module Perl avec CPAN causait beaucoup de problèmes pour certains utilisateurs en raison de ses nombreuses dépendances. Le code RNG a donc été ré-écrit pour ne dépendre que du module Math::Random::ISAAC, qui était déjà utilisé dans les précédentes versions de Bugzilla.
  • Sécurité : X-Frame-Options = SAMEORIGIN est maintenant passé à tous les en-têtes de page (sauf lors de la visualisation des fichiers joints, car ils peuvent être sur des hôtes différents) pour protéger les utilisateurs du framing et des problèmes possibles subséquents de clickjacking.
  • Configuration : Un nouveau paramètre password_complexity a été ajouté (par défaut : no_constraints) qui permet aux administrateurs de forcer les utilisateurs à utiliser des mots de passe ayant une plus grande complexité, telle qu’une combinaison de majuscules et de minuscules, de nombres, de caractères spéciaux, ou un sous-ensemble de ceux-ci.
  • Configuration : Un nouveau paramètre search_allow_no_criteria a été ajouté (par défaut : on) qui permet aux administrateurs d’interdire des requêtes sans critère. Ceci est particulièrement utile pour les grosses installations ayant plusieurs dizaines de milliers de bogues où renvoyer tous les bogues n’a pas de sens et peut avoir des conséquences sur les performances de la base de données.
  • Configuration : Un nouveau paramètre default_search_limit a été ajouté (par défaut : 500) qui limite le nombre de bogues affichés par défaut dans une liste de bogue. L’utilisateur peut demander à afficher une liste plus grande cependant.
  • Configuration : Un nouveau paramètre max_search_results a été ajouté (par défaut : 10000) qui limite le nombre de bogues qui peut être renvoyés à un utilisateur dans une liste de bogues. Cette valeur ne peut être outrepassée par l’utilisateur.
  • Configuration : Un nouveau paramètre ajax_user_autocompletion a été ajouté (par défaut : on) pour permettre aux administrateurs de désactiver l’autocomplétion lors de la saisie de caractères dans un champ utilisateur. Ce paramètre ne doit être désactivé que si votre installation est incapable de supporter la charge engendrée par cette fonctionnalité.
  • Configuration : Le crochet config_modify_panels vous permet maintenant d’ajouter des paramètres additionnels aux paramètres des panneaux existants.
  • Étiquettes : Les utilisateurs avec les privilèges locaux « editcomponents » peuvent maintenant éditer les types d’étiquettes pour les produits qu’ils peuvent administrer.
  • Citations : Un nouveau groupe système bz_quip_moderators a été créé pour modérer les citations. Jusqu’à présent, vous deviez être dans le groupe admin pour faire cela.
  • importxml.pl insère maintenant chaque commentaire séparément dans le bogue importé au lieu de tous les concaténer dans un même commentaire.
  • email_in.pl ignore désormais tous les courriels entrants automatiques (comme par exemple, les messages d’absence du bureau).
  • Nouveaux crochets de code : email_in_before_parse, email_in_after_parse, install_filesystem, install_update_db_fielddefs, job_map, object_end_of_create, quicksearch_map, user_preferences.

Changements dans les Webservices

  • Deux nouvelles méthodes ont été ajoutées : Product.create et Group.create.
  • Bug.update ne renvoie plus d’erreur lorsqu’une chaîne vide est passée à see_also. Désormais, il ignore simplement cette valeur vide.
  • Product.get renvoie à présent aussi des données sur les catégories auxquelles il appartient ainsi que ses composants, jalons et versions. Il renvoie également les attributs default_milestone et has_unconfirmed.
  • Dans Bug.fields, l’attribut sortkey utilisé dans values a été renommé en sort_key.
  • Dans Bug.attachments et Bug.add_attachment, l’attribut is_url n’existe plus.

Problèmes demeurant

  • Bogue 89822 : Lors de la modification de plusieurs bogues en même temps, il n’y a pas de protection contre les collisions.
  • Bogue 276230 : La gestion pour la restriction d’accès à des catégories particulières des nouveaux graphiques n’est pas terminée. Vous devez considérer le paramètre chartgroup comme le seul mécanisme d’accès disponible.
  • Bogue 584742 : Lors de la visualisation d’un bogue, les navigateurs basés sur WebKit peuvent automatiquement réinitialiser une valeur de champ sélectionné quand le champ a des valeurs désactivées.
  • Bogue 706753 : La détection de bogue automatique et l’autocomplétion des noms d’utilisateurs ne fonctionnent pas avec JSON::RPC 1.x en raison d’un retour en arrière incompatible. Vous devez installer JSON::RPC 0.96 à la place.

mercredi 28 décembre 2011

Chiffrer pour sécuriser ? — pas si simple…

Mozilla ne cesse de le répéter, sa mission est de rendre Internet meilleur pour tous les utilisateurs, c’est-à-dire utilisable, bidouillable, sûr… Relancer l’innovation dans le domaine des navigateurs était une première étape. Firefox a été l’instrument de cette étape, et on peut dire qu’il a rempli sa mission.

Sans le délaisser, il est temps pour la Fondation d’élargir ses activités pour apporter à l’ensemble des composants du Web ce qu’elle a fait pour le navigateur. Cela vaut pour les logiciels de bas-niveau qui s’exécutent sur les smartphones — avec le projet B2G — comme pour les applications sur les serveurs. Sync est une première étape, qui permet de stocker les informations de son Firefox sur un serveur pour les partager entre plusieurs machines.

Mais on peut s’attendre à voir Mozilla lancer dans les prochains mois d’autres services qu’elle hébergera. La fondation va donc héberger de plus en plus de données personnelles de ses utilisateurs, et se pose naturellement la question des mesures à prendre pour garantir au mieux leur confidentialité. C’est pourquoi Mitchell Baker elle-même introduit ci-dessous un article qu’elle a estimé éclairant sur une question assez technique.

Chiffrement et données utilisateur

Article original paru le 22/12/2011

Nous créons tous de grandes quantités de données personnelles en ligne. Comment devraient être traitées ces données ? Un élément clé est le chiffrement, et offrir la possibilité de stocker les données dans un format qui n’est pas facilement lisible par les gens qui n’y sont pas autorisés. Le « chiffrement » peut rapidement devenir compliqué, et la cryptographie sur lequel il repose peut également être complexe. De ce fait, il est facile de se dire que le « chiffrement » est la réponse en pensant que nos données sont à l’abri si elles sont chiffrées.

Mon collègue Ben Adida a écrit un billet très utile pour évaluer le chiffrement . Il décrit pourquoi le chiffrement fait partie de la solution pour protéger les données, mais n’est pas à lui seul toute la solution. C’est un billet très intéressant, parce qu’il respecte ceux d’entre nous qui ne sont pas cryptographes et qu’il propose un aperçu réfléchi et compréhensible du problème.

Trouver de meilleurs moyens de gérer les données des utilisateurs sera au cœur de nos préoccupations à l’avenir. J’ai été heureuse de lire son article car il m’aide à mieux réfléchir à ces problématiques.

Le chiffrement n’est pas (complètement) de la magie

Article original paru le 21/12/2011

Il y a quelques mois, le réseau Playstation de Sony a été piraté. Des millions de comptes ont été fracturés, dévoilant des adresses physiques et des mots de passe. Sony a reconnu que leurs données « n’étaient pas chiffrées ».

À peu près au même moment, des chercheurs ont découvert que Dropbox stockait des fichiers utilisateurs « non chiffrés ». Des dizaines (ou des centaines ?) de personnes ont fermé leur compte en signe de protestation. Ce sont mes données confidentielles, ont-ils clamé, pourquoi ne les avez-vous pas au minimum chiffrées ? Beaucoup de gens, incluant des technophiles, ont déclaré qu’il aurait été d’une grande facilité de chiffrer les données, que ne pas l’avoir fait prouve l’incompétence de Sony et Dropbox. De mon point de vue, ce n’est pas si simple.

Le chiffrement n’a rien de compliqué, c’est vrai. Vous pouvez télécharger le code qui implémente un chiffrement de niveau militaire dans n’importe quel langage en quelques secondes. Ainsi, pourquoi les entreprises ne pourraient-elles donc pas chiffrer les données qu’elles hébergent et nous protéger des pirates ?

Le problème majeur, c’est que pour être utilisable par des êtres humains, les données doivent être déchiffrées. Et donc que la clé de déchiffrement doit se trouver quelque part entre le silo de stockage et l’utilisateur. Pour des raisons de sécurité, on préférerait que la clé de déchiffrement soit le plus loin possible du silo de stockage et le plus près possible des yeux de l’utilisateur. Vous-mêmes, vous aimeriez que la clé de déchiffrement soit *dans* la cervelle de l’utilisateur, non ? Ce n’est pas (encore) possible. En fait, la plupart du temps, conserver la clé si éloignée du silo n’est pas si pragmatique que ça.

Le chiffrement déplace le problème

Sony doit pouvoir débiter votre carte de crédit, ce qui nécessite votre adresse de facturation. Ils en ont probablement besoin que vous soyez en ligne ou pas, car il y a peu de chances que vous aimiez être sollicité tous les mois pour renouveler votre abonnement. Donc, même s’ils chiffrent votre numéro de carte de crédit et votre adresse, ils ont aussi besoin de stocker la clé de déchiffrement quelque part sur leurs serveurs. Et puisqu’ils veulent sûrement vous présenter une page « Mettre mon compte à jour » pré-remplie avec votre adresse, cette clé de déchiffrement doit être disponible pour traiter les données dès que vous cliquez sur « Mettre mon compte à jour ». Si les serveurs web de Sony doivent être capables de déchiffrer vos données, et que les pirates font intrusion sur les serveurs en question, le chiffrement ne vous apportera pas grande protection.

Pendant ce temps, Dropbox veut vous donner accès à vos fichiers où que vous soyez. Ils pourraient garder vos fichiers chiffrés sur leurs serveurs, avec des clés de chiffrement stockées seulement sur votre ordinateur personnel. Certes… jusqu’à ce que vous ayez envie d’accéder à vos données avec l’ordinateur d’un copain. Et que se passe-t-il si vous voulez partager un fichier avec un ami alors qu’il n’est pas en ligne ? D’une manière ou d’une autre, il vous faudra lui envoyer la clé de déchiffrement. Dropbox doit à présent demander à ses utilisateurs de gérer le partage de leur clé de déchiffrement (bon courage pour leur expliquer la manœuvre), ou bien la conserver et gérer les permissions sur cette clé… ce qui signifie stocker des clés de déchiffrement sur ses serveurs. Si vous explorez jusqu’au bout la chaîne d’utilisabilité — et même sans aller jusqu’au bout — il devient clair que Dropbox a probablement besoin de stocker la clé de déchiffrement à proximité des fichiers chiffrés eux-mêmes. Le chiffrement ne peut vous protéger une fois que vous avez vraiment l’intention de déchiffrer les données.

Les fonctionnalités nécessaires à l’utilisateur déterminent souvent l’endroit où est stockée sa clé de déchiffrement. Plus le produit est utile, plus la clé doit être proche des données chiffrées. N’imaginez pas que le chiffrement est une sorte de bouclier magique qui sache distinguer miraculeusement les bons des méchants. Représentez-vous plutôt le chiffrement comme un mécanisme destiné à diminuer la taille du secret (une seule petite clé de chiffrement peut sécuriser des gigaoctets de données), ce qui nous permet de transférer le secret d’un endroit à l’autre. C’est déjà bien utile, mais certes pas aussi magique que beaucoup de gens ne le supposent.

Mais alors que font Firefox Sync, Apple TimeMachine, spiderOak, Helios et tous les autres ?

…mais alors, pourriez-vous vous dire, il existe pourtant des systèmes qui stockent les données chiffrées mais pas la clé de chiffrement. Firefox Sync. Le système de sauvegarde TimeMachine d’Apple. Le système de sauvegarde en ligne de The SpiderOak. Mince, même mon propre système de vote Helios chiffre les votes des utilisateurs dans le navigateur sans stocker nulle part de clé de déchiffrement, sauf dans les machines de l’administrateur.

C’est vrai, dans certains cas bien particuliers, vous pouvez concevoir des systèmes dans lesquels les clés de déchiffrement sont stockées dans l’ordinateur de l’utilisateur. Parfois, vous pouvez même mettre au point un système dans lequel la clé n’est stockée durablement nulle part ; elle est au contraire générée à la volée à partir du mot de passe de l’utilisateur, utilisée pour chiffrer/déchiffrer, puis oubliée.

Mais tous ces sytèmes ont des inconvénients d’utilisabilité non négligeables (mais oui, même mon système de vote). Si vous n’avez qu’une machine connectée à Firefox Sync et que vous la perdiez, vous ne pourrez pas récupérer vos marque-pages et votre historique de navigation. Si vous oubliez votre mot de passe pour TimeMachine ou SpiderOak et que votre disque dur principal vous lâche, vous ne pourrez pas récupérer de sauvegarde de vos données. Si vous perdez votre clé de déchiffrement Helios Voting, vous ne pourrez pas pointer le résultat de vos élections.

Et quand j’écris « vous ne pourrez pas récupérer vos données », je veux dire qu’il vous faudrait une batterie d’opérations mathématiques de vaste ampleur pour les récupérer. Impossible. Vos données sont perdues. Gardez ça en tête : toute la question du stockage de la clé de chiffrement est là. Ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité.

Et puis il y a le problème du partage…

J’ai abordé ce problème ci-avant, dans ma description de Dropbox : que se passe-t-il lorsque les utilisateurs veulent partager les données les uns avec les autres ? Si les serveurs ne disposent pas de la clé de déchiffrement, cela signifie que les utilisateurs doivent se la transmettre. Peut-être pensez-vous pouvoir utiliser une clé de chiffrement dont chaque utilisateur a une paire, l’une qui est publiée et publique, l’autre qui est privée et demeure secrète ? Nous voilà revenus au problème « vous ne pouvez pas récupérer vos données » si l’utilisateur perd sa clé privée.

Et que se passe-t-il pour des fonctionnalités comme le fil d’actualité de facebook, lorsque les serveurs traitent, malaxent, rassemblent et filtrent les données des utilisateurs avant même qu’ils ne puissent les voir ? Si le serveur ne peut pas déchiffrer les données, comment donc peut-il vous aider à les traiter avant que vous ne les ayez vues ? Soyons clair : si votre site web propose des fonctionnalités de partage, il est peu vraisemblable que vous puissiez remettre les clés de déchiffrement à l’utilisateur. Vous aurez besoin de lire des données sur vos serveurs. Et si ces derniers ont besoin de lire les données, alors un pirate qui s’introduit sur les serveurs peut lire les données lui aussi.

Donc le cryptographe me dit que chiffrer est inutile ?

Non, pas du tout. Je dis seulement que le chiffrement avec des clés contrôlées par les utilisateurs a bien moins d’applications que ne le pensent la plupart des gens. Le périmètre de ces applications doit être bien défini, et elles doivent afficher en gros des avertissements sur les conséquences d’une perte de clés.

Cela dit, le chiffrement demeure un outil très puissant pour diviser le pouvoir et les droits d’accès du côté du serveur. Si vous devez stocker des numéros de carte de crédit, il vaut mieux créer un sous-système dont l’unique rôle est de stocker les numéros de carte en les chiffrant, et gérer les transactions dans des parties distinctes du système. Si tout votre système est compromis, ça ne vaut pas mieux que si vous n’avez pas pris ces précautions. Mais si une seule partie du système est compromise, le chiffrement pourrait bien empêcher un attaquant d’accéder aux parties les plus sensibles du système.

Vous pouvez pousser très loin cette idée d’utiliser le chiffrement comme un moyen de contrôler les accès. Une équipe du MIT vient de publier CryptDB, une base de données relationnelle modifiée pour utiliser des techniques intéressantes de chiffrement pour renforcer drastiquement les contrôles d’accès. Notez que si vous détenez le mot de passe pour vous connecter à la base, ce chiffrement ne masquera pas les données : la clé pour les déchiffrer est sur le serveur. Cela n’en reste pas moins une bonne approche de défense en profondeur.

Et cette histoire de chiffrement homomorphique ?

D’accord, j’ai un peu menti en parlant du pré-traitement des données. Il existe un type de chiffrement, le chiffrement homomorphique, qui vous permet d’exécuter des opérations sur les données sans les déchiffrer. Ces dernières années ont vu de grands progrès dans ce domaine, et c’est très excitant… pour un cryptographe. Ces techniques demeurent extrêmement peu pratiques dans la plupart des cas d’utilisation courants, avec une surcharge de l’ordre du trillion, tant en termes de stockage que de temps de traitement. Et même si elles deviennent plus utilisables, elles n’en suppriment pas moins le problème central de la clé servant à déchiffrer : obliger les utilisateurs à gérer des clés de déchiffrement est, pour l’essentiel, un cauchemar en termes d’utilisabilité. Ceci dit, je dois l’admettre, le chiffrement homomorphique confine vraiment à la magie.

Le cas particulier des mots de passe

Les mots de passe sont à part, car une fois qu’ils sont enregistrés, vous n’avez jamais besoin de les relire, vous devez juste vérifier que le mot de passe tapé par l’utilisateur correspond à celui stocké sur le serveur. C’est très différent d’un numéro de carte de crédit, qui doit pouvoir être relu après avoir été stocké, pour que la carte puisse être débitée tous les mois. Pour les mots de passe, il existe donc des techniques particulières. Ce n’est pas du chiffrement, car le chiffrement est réversible, et le but de la manœuvre, c’est que le système empêche l’extraction de mots de passe de la base. Nous utilisons un outil spécial, une fonction à sens unique, comme bcrypt. Prenez le mot de passe, passez-le à travers la moulinette de cette fonction et ne stockez que le résultat. La fonction à sens unique est conçue pour rendre très difficile l’opération inverse : vous devez essayer un mot de passe pour voir s’il correspond. C’est très pratique, mais ça ne peut être utilisé que pour les mots de passe.

Si vous stockez des mots de passe, vous devez absolument les faire passer à travers une fonction à sens unique. Vous pouvez dire que vous les « hachez », ça y ressemble. En fait, on peut probablement dire qu’on les sale et qu’on les hache. Mais quelle que soit la technique utilisée, il ne s’agit pas d’un « chiffrement » des mots de passe. Ça ne rime à rien.

Le chiffrement n’est pas de la magie

Pour l’essentiel, le chiffrement n’est pas de la magie. Il vous permet de mieux garder vos secrets, mais si les utilisateurs participent à la gestion des clés, c’est de façon quasi-certaine au détriment de l’utilisabilité et des fonctionnalités. Les services web devraient vraiment penser à utiliser le chiffrement lorsque c’est possible pour gérer de façon plus stricte leurs contrôles d’accès internes. Mais réfléchissez-y à deux fois avant de vous lancer dans la conception d’un produit qui oblige les utilisateurs à gérer leurs clés. Dans de nombreux cas, les utilisateurs ne comprennent tout simplement pas que perdre leurs clés signifie perdre leurs données. Comme l’explique mon collègue Umesh Shankar, si vous concevez une serrure de voiture tellement inviolable qu’en oubliant vos clés à l’intérieur vous êtes bons pour l’envoyer à la casse et en racheter une, alors vous vous êtes sans doute trompé quelque part.

Un billet de Clochix, traduction Clochix et Goofy

vendredi 11 novembre 2011

Octobre 2002 – Novembre 2011

Ou neuf années de contribution qui se finissent.

À compter de ce jour, je ne suis plus un mozillien.

samedi 15 octobre 2011

1000 extensions traduites en français sur BabelZilla

Le projet BabelZilla a commencé il y a un peu plus de 6 ans et les contributeurs francophones viennent de franchir le seuil symbolique des mille extensions traduites !

1000 extensions en français

C’est Yves (qui sous le pseudo de Banban s’incruste sur l’irc de frenchmoz depuis quelque temps) que nous avons le plaisir de féliciter d’être le contributeur nouveau venu qui nous a fait passer le cap d’1 Mt*.

BabelZilla, si vous l’ignorez encore, est le site qui permet de traduire en n’importe quelle langue les extensions des applications Mozilla, qui sont en anglais par défaut. Cette traduction s’effectue de manière à vous éviter les soucis techniques : il suffit de bien comprendre l’anglais et de bien maîtriser la langue française, et on traduit simplement en-dessous de l’original.

champs de traduction

Alors n’hésitez pas à nous rejoindre, car BabelZilla a besoin de vous, mais oui, nous sommes une toute petite équipe… Il nous reste encore 11 extensions à traduire et il en arrive toujours de nouvelles, sans parler de celles qui sont restées sans mises à jour depuis un petit moment.

N’ayez pas peur de vous lancer, vous pouvez compter sur les habitués de BabelZilla pour vous donner un coup de main au besoin. Vous aurez apporté votre contribution tangible au logiciel libre : tous les utilisateurs de l’extension utiliseront les « chaînes » (de caractères) que vous aurez traduites. Une adresse électronique valide suffit pour s’inscrire. À bientôt !

globe extensions babelzilla

* Mt : Mégatrad, enfin bon, rendez-vous à 1024 hein…

vendredi 23 septembre 2011

Traducthon, tradaction, tradusprint… Pour un Web ouvert !

Depuis plus de deux ans, plus précisément depuis un samedi de mai 2009 à l’occasion d’une Ubuntu party, je participe aux traductions collaboratives dans la vraie vie initiées par Framalang, le groupe de traducteurs gonzos du Framaland. Et je ne suis pas le seul à y avoir pris goût. Nous avons récidivé à Bordeaux pour traduire Un monde sans Copyright, chez Mozilla Europe à Paris pour le manuel Thunderbird et en juillet dernier à Strasbourg à l’occasion des RMLL, pour vous proposer aujourd’hui Pour un Web ouvert.

J’ai traduit, aidé à traduire, relu et révisé des dizaines de textes de toutes sortes. Participer aux traductions d’articles avec Framalang depuis un certain temps déjà n’a fait que multiplier les occasions de pratiquer le petit jeu de la traduction. Mais participer à un traducthon est une tout autre expérience dont voici certaines caractéristiques.

Des traducteurs en chair, en os et en vie

Commençons par le plus flagrant : un traducthon c’est une rencontre physique de personnes qui ne se connaissaient pas forcément, qui n’étaient que des pseudos en ligne ou bien que l’on ne retrouve qu’à quelques occasions. C’est donc d’abord un temps convivial, où l’on échange des propos par-dessus le travail en cours, des plaisanteries de mauvais goût qui déclenchent le fou-rire, des considérations trollesques qui partent en vrille, mais aussi des projets, des questions, des réponses, des contacts, de la bière l’eau ferrugineuse, des pizzas et des petits plats du restau du quartier. En somme c’est une petite bande de gens qui deviennent copains (au moins), une bande dont la géométrie est variable d’une session à l’autre suivant la disponibilité de chacun ou son libre désir de participer.

Le milieu des traducteurs libristes n’est pas si vaste, mais il est relativement compartimenté, généralement en fonction des tâches et projets. Un traducthon représente la possibilité de mettre un peu de liant dans cet émiettement des activités. Je suis assez content par exemple de voir se rencontrer sur une traduction partagée des copains de frenchmozilla et ceux de framalang. Ah mais j’entends aKa dans l’oreillette… ah oui, d’accord il faut employer au moins une fois le mot « synergie ». C’est fait.

Inconvénient ? C’est sûr, on découvre les vrais gens : Julien mange toute la tablette de Milka, Adrien est trop bavard, Goofy est un vieux et Simon ne devrait pas se laisser pousser la barbe.

Un défi, un enjeu, un grand jeu

La concentration dans le temps (un week-end, trois ou quatre jours dans le meilleur des cas…), la concentration dans un lieu de travail (une salle de cours de faculté plus ou moins équipée, un hall de la Cité des sciences, les locaux de Mozilla Europe…) sont bien sûr associées au défi que l’on se donne de terminer au moins un premier jet tout simplement parce qu’après le traducthon chacun reprend sa vie quotidienne et d’autres activités, il faut donc terminer « à chaud ». L’ensemble pourrait créer un stress particulier, mais le plus souvent il ne s’agit que d’une tension positive parce que nous sommes un groupe. Chacun sait que tout près un autre participant est animé lui aussi du désir d’atteindre le but commun. La collaboration crée en réalité l’émulation, chacun met un point d’honneur à faire au moins aussi bien et autant que ses voisins.

L’enjeu d’un traducthon est particulier car il s’agit d’un ouvrage d’un volume important et pas seulement d’un article de presse électronique qui est une denrée périssable, comme nous en traduisons régulièrement pour le Framablog. Dans un traducthon, nous nous lançons le défi de traduire vite un texte qui devrait pouvoir être lu longtemps et dont le contenu lui aussi est important. Nous avons le sentiment d’avoir une sorte de responsabilité de publication, et la fierté de mettre à la disposition des lecteurs francophones un texte qui contribue à la diffusion du Libre, de sa philosophie et de ses problématiques.

Reste que la pratique a heureusement une dimension ludique : les outils en ligne que nous partageons pour traduire, que ce soit la plateforme Booki ou les framapads, même s’ils ne sont pas parfaits, offrent la souplesse et l’ergonomie qui les rendent finalement amusants à pratiquer. Tous ceux qui ont utilisé un etherpad pour la première fois ont d’abord joué avec les couleurs et l’écriture simultanée en temps réel. Même au cœur du rush des dernières heures d’un traducthon, lorsque nous convergeons vers les mêmes pages à traduire pour terminer dans les temps, c’est un plaisir de voir vibrionner les mots de couleurs diverses qui complètent un paragraphe, nettoient une coquille, reformulent une tournure, sous le regard de tous.

Traduction ouverte, esprit ouvert

N’oublions pas tous ceux qui « passent par là » et disent bonjour sous la forme d’un petit ou grand coup de pouce. Outre ceux qui ont décidé de réserver du temps et de l’énergie pour se retrouver in situ, nombreux sont les contributeurs et contributrices qui collaborent sur place ou en ligne. Beaucoup découvrent avec intérêt la relative facilité d’accès de la traduction, qui demande plus de qualité de maîtrise des deux langues (source et cible) que de compétences techniques. Quelques phrases, quelques pages sont autant de contributions tout à fait appréciées et l’occasion de faire connaissance, voire d’entrer plus avant dans le jeu de la traduction en rejoignant framalang.

Plus on participe, plus on participe. Il existe une sorte d’effet addictif aux sessions de traduction collective, de sorte que d’une fois à la suivante, on retrouve avec plaisir quelques habitués bien rodés et d’autres plus récemment impliqués qui y prennent goût et y reviennent. Participer à un traducthon, c’est appréhender de près et de façon tangible la puissance du facteur collaboratif : de l’adolescent enthousiaste à l’orthographe incertaine au retraité venu donner son temps libre pour le libre en passant par le développeur qui apporte une expertise technique, chacun peut donner et recevoir.

Enfin, et ce n’est pas là un détail, la pratique du traducthon apprend beaucoup à chacun. Certains découvrent qu’ils sont à la hauteur de la tâche alors qu’ils en doutaient (nulle contrainte de toutes façons, on choisit librement ce que l’on veut faire ou non), mais pour la plupart d’entre nous c’est aussi une leçon de partage du savoir : nos compétences sont complémentaires, l’aide mutuelle est une évidence et la modestie est nécessaire à tous. Voir par exemple son premier jet de traduction repris et coloré par un traducteur professionnel (Éric, reviens quand tu veux !), se faire expliquer une tournure de slang par un bilingue et chercher avec lui un équivalent français, découvrir une thèse audacieuse au détour d’un paragraphe de la version originale, voilà quelques exemples des moments enrichissants qui donnent aussi sa valeur à l’exercice.

Le mot, la chose

Une discussion trolloïde de basse intensité est engagée depuis le début sur le terme à employer pour désigner le processus de traduction collaborative dans la vraie vie en temps limité. Quelques observations pour briller en société :

  • C’est un peu l’exemple des booksprints initiés par Adam Hyde et la bande des Flossmanuals qui nous a inspiré l’idée de nos sessions, on pourrait donc adopter tradusprint, surtout dans la mesure où c’est une sorte de course de vitesse…
  • En revanche lorsque une traduction longue demande plusieurs jours et un travail de fond (ne perdons pas de vue le travail indispensable de révision post-traduction), il est assez cohérent de parler plutôt de traducthon.
  • Pour être plus consensuel et « couvrir » tous les types de session, le mot tradaction a été proposé à juste raison

Ci-dessous, reproduction de l’affichette amicalement créée par Simon « Gee » Giraudot pour annoncer le traducthon aux RMLL de Strasbourg. À noter, Simon a également contribué à la traduction d’un chapitre !

Affiche Simon Giraudot pour traducthon Strasbourg

Et le Web ouvert alors ?

C’était justement le fruit d’un « booksprint » à Berlin l’année dernière, le voilà maintenant en français.  Ce qui est assez frappant pour aller droit à l’essentiel, c’est la rhétorique guerrière qui en est le fil rouge. Au fil des pages on prend conscience de l’enjeu et de l’affrontement déjà en cours dans lequel nous pouvons jouer un rôle décisif. C’est maintenant et peut-être dans les deux ans qui viennent pas plus qu’il y a urgence à ce que nos pratiques de la vie numérique maintiennent et étendent un Web ouvert.

Le Web n’est pas un amoncellement de données, ni un amoncellement d’utilisateurs, le Web ouvert existe quand l’utilisateur propose librement des données et s’en empare librement. Le Web n’a pas d’existence tant que ses utilisateurs ne s’en emparent pas.

Nous voulons un Web bidouillable, libre et ouvert. Nous voulons des navigateurs Web extensibles, d’une plasticité suffisante pour répondre à nos goûts et nos besoins. Nous voulons contrôler nos données et en rester maîtres, non les laisser en otages à des services dont la pérennité et les intentions sont suspectes. Nous ne voulons pas que notre vie numérique soit soumise ni contrôlée, filtrée, espionnée, censurée.

Le Web n’appartient pas aux fournisseurs d’accès, ni aux états, ni aux entreprises.

Le Web n’appartient à personne, parce que nous sommes le Web.

Au fait, si vous voulez parcourir Pour un Web ouvert, c’est…

ici en HTML et là en PDF.

* Bonus track : une interview au cours du traducthon de Strasbourg pour la radio québécoise la Voix du Libre

jeudi 25 août 2011

Mozilla et le cycle de développement rapide

Billet original sur le blog de Mitchell Baker paru le 25/08/2011

Traduction : Goofy & Clochix

Mozilla a récemment mis en place un cycle de développement rapide, qui permet de publier une nouvelle version de Firefox toutes les six semaines. Cette décision a entraîné des changements pour un bon nombre de nos procédures. Elle a également suscité de nouveaux problèmes.

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mardi 23 août 2011

Un débat à l'échelle de la communauté sur l'avenir de Mozilla

article original de Mitchell Baker (paru le 22 août 2011)

Traduction : Goofy, Valentin Villenave, JoKoT3

J’ai récemment pu rédiger une série de billets où je faisais part de mon point  de vue sur ce dont Mozilla a besoin pour que sa  mission reste pertinente alors que la vie d’Internet change. Il est crucial de tester les idées discutées dans ces billets au travers d’un large débat à l’échelle de la communauté.

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Les contributeurs ont besoin d'un peu d'amour pour ne pas arrêter leur bénévolat

Article original par Laura Hilliger

Traduction : Clochix

S’il est une chose dont parlent sans arrêt mes collègues de la communauté du Web Libre, c’est du manque de participation des utilisateurs. Ils disent qu’elle diminue plutôt rapidement.

Les projets libres essaient en permanence d’impliquer des gens, mais comment font-ils ? Ils ont généralement une page Web et les gens du projet gazouillent et regazouillent à la communauté les opportunités de participation. Ils participent à des conférences et essaient d’amener d’autres gens à s’investir. Ils font de la retape au sein de la communauté et lui demandent de relayer. Mais est-ce que la communauté le fait ? Parfois, mais séduire les utilisateurs qui sont déjà là et les inciter à aider la communauté à grossir demande un peu d’engagement.

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mercredi 17 août 2011

About governance

Version française

Lots of things are happening at the moment in Mozilla galaxy. I could of course tell a word about recent controversial debates around the rapid release cycle, or about dropping the http protocol and version number display, but even though I find these propositions treating the final user as a child and opposed to my perception of the Manifesto, this is not the point here. I would rather deal about erratic relationship between Mozilla Corporation (let’s call it governance since the word is trendy), decision-makers, employees and volunteer contributors (whether they are localizers, codehackers or evangelists).

Describing these relationships just now as confrontational would be quite an understatement. Let me illustrate my point with recent defections of talented and enthusiast contributors.

Cédric, for example, in a recent blog post announced his decision to stop contributing to the Firefox localization. It’s a hard blow to our team, but I fully understand his position. For those who don’t know, Cédric is not only a simple contributor, it’s basically thanks to him that you can download Firefox in French. He’s previously translated in real time all the last Firefox versions, as well as many promotional web pages or release notes on the Mozilla websites. He’s also the only translator for Bugzilla and managing KompoZer’s localization.

There has been many crises in the past, one can remember the though process of dropping the Mozilla suite, or the fact that we’re not anymore allowed to choose default bookmarks, but these are only examples. There has always been a part of defiance from some active communities facing Mozilla’s governance. For instance, this very blog is totally independent from Mozilla, which allows us to speak freely. That only reinforces our choice.

As contributors, we’ve never really been totally heard by Mozilla, and I’m not talking about specific cases here (there really is a good relationship between us and some people from the organization), but more like a general feeling. In the past, we’ve let things go, because there was a fair tradeoff between unsatisfying choices and other advantages.

I personally was also on the verge of dropping out, which I did not for several reasons, a prominent one being excellent partnership and friendship between local communities. But I gradually took some distance with products localization efforts (professional and family life being also at stake), focusing on admin tasks and some translation help tools, which is probably the reason why I am still here.

But right now there is a widening gap between volunteers contributors and Mozilla. We enjoy reading Mitchell’s recent posts, we share her vision and agree with Mozilla Manifesto, but some other choices, decisions or behaviours do not give us strength and courage to go on.

We are not Calimero™-like people but I feel that we volunteer contributors should deserve more respect. For that matter and without ludicrous pretention, if Mozilla is still alive and well and its products are used worldwide, it ows very much to our work. I will not refer to some employees considering us as sidekicks on their strategy and treating us with disdain (this already happened for real) , because this was only a specific occasion — I am afraid things are more serious.

Just for giving one example, when we say that an LTS version is necessary, we’re saying it for several reasons. Not only is the localization work more demanding, but we’re also getting users complaints by email. What’s the answer to that? More or less nothing, mostly “that’s the way it is, but we’ll set up a discussion group and we’ll see what happens”…

So, yes, maybe a change of relationship is necessary, at least some consideration. We too can sometimes be right and give informed advice. We’re not only Mozilla fanboys that can be bought for a t-shirt (nor numbers).

I can understand that a Debian-style governance involving elections isn’t necessarily the best choice for the Mozilla project, but what about some communities representation in the Foundation or the Corporation? In any non-profit/school/faculty/business in France there are elected representatives for the students, teachers or employees, why couldn’t it be the case inside the Mozilla project? I’m not talking about a nice-looking seat, but someone (mmmh why not several) who really is a member of one of the comunities and who would be giving informed advice coming from other contributors.

Of course, I can imagine it’s not so easy to think about and set up, but why not having, besides the Manifesto, a Constitution discussed and written by all contributors, employees, managers and volunteers alike. (All together ?)

De la gouvernance

English Version

Il se passe de nombreuses choses en ce moment dans le monde Mozilla. Bien sûr je pourrais parler des récentes polémiques sur le cycle de sortie rapide ou l’abandon de l’affichage du protocole http ou de la proposition de ne pas montrer le numéro de version, mais même si je trouve ces propositions infantilisantes pour l’utilisateur et contraire à ma vision du manifesto, ce n’est pas le but de ce billet. Je vais plutôt exposer les problèmes de relation entre Mozilla Corporation — et là j’entends au sens large, la gouvernance (mot à la mode), les décideurs et employés — et les contributeurs bénévoles — qu’ils soient localisateurs, codeurs ou évangélistes.

Dire que ces relations sont en ce moment conflictuelles est au mieux un bas mot. J’illustrerai ces propos par les récentes défections de contributeurs talentueux et motivés.

Cédric, par exemple, dans un récent billet nous a fait part de sa décision de ne plus s’occuper des localisations de Firefox. C’est un coup dur pour l’équipe, mais je comprends tout a fait sa position. Pour rappel Cédric n’est pas qu’un simple contributeur, c’est essentiellement grâce à lui que vous pouvez télécharger Firefox en français. Il localise en flux tendu les dernières versions de Firefox, mais aussi un certain nombre des pages Web promotionnelles ou de notes de version des sites Mozilla ; il s’occupe aussi tout seul de la traduction de Bugzilla ou de la gestion de la localisation de KompoZer entre autres choses).

Des crises il y en a déjà eu, on se souvient de l’abandon difficile de la suite, ou du fait que l’on n’était plus maître des marque-pages. Ce ne sont là que des exemples. Il y a toujours eu une certaine défiance de certaines communautés actives face à la gouvernance de Mozilla. Petit exemple, le site où vous lisez ce billet est complétement indépendant de Mozilla, ce qui nous permet de nous exprimer comme nous le voulons — ce qui prouve notre choix pertinent.

Nous contributeurs, n’avons jamais été totalement entendus par Mozilla. Je ne parle pas de cas particuliers — il y a vraiment de bonnes relations entre nous et certaines personnes de Mozilla — mais d’un état d’esprit général. Par le passé nous avons laissé faire, parce que les choix ne nous satisfaisant pas vraiment étaient compensés par d’autres avantages.

Moi-même j’ai failli par le passé laisser tomber, mais je n’en ai rien fait pour plusieurs raisons. Par exemple l’excellente ambiance entre nous et les autres communautés. Par contre je me suis un peu éloigné des efforts de localisation des logiciels — aussi à cause de la vie familiale et professionnelle — me focalisant plus sur l’administration ou des outils d’aide à la traduction, c’est sans doute pour cela que je suis encore là.

Mais en ce moment il se forme un fossé qui s’ouvre de plus en plus entre les contributeurs bénévoles et Mozilla. On lit avec plaisir et entrain les billets de Mitchell, on est d’accord avec la vision du Manifeste, mais d’autres choix et comportements ne nous encouragent pas.

Nous ne sommes pas des Calimero™, mais il me semble que nous, contributeurs bénévoles, devrions êtres un peu plus respectés. En l’occurrence et sans nous vanter c’est quand même grâce à notre travail que Mozilla existe encore et se trouve à ce niveau d’utilisation. Je ne parlerai pas du fait que certains employés ne nous voient que comme des faire-valoir et nous traitent à la limite du mépris (déjà vu), parce que cela relève du cas particulier — non c’est plus sérieux que cela.

Pour ne citer qu’un exemple, lorsque nous disons qu’une version LTS est nécessaire, nous le disons avec plusieurs raisons. Le travail de localisation devient largement trop important à faire, mais aussi car c’est nous qui recevons les rapports des utilisateurs par courriel. Quelle réponse à cela ? Pas grand-chose, bien souvent un « c’est comme ça et pas autrement, mais on va faire un groupe de travail et on en rediscute. »

Alors oui, peut-être qu’un changement des relations est nécessaire, au moins une certaine considération. Nous aussi nous pouvons avoir raison et émettre des avis éclairés. Nous ne sommes pas que des fanboys de Mozilla qu’un t-shirt peut acheter (ni des numéros).

Je conçois bien qu’une gouvernance à la Debian avec des élections n’est peut-être pas la plus adaptée pour le projet Mozilla, mais qu’en est-il d’une représentation des communautés au sein de la Fondation ou de la Corporation ? Dans toute association, école, université, entreprise en France, il existe des représentants élus des élèves, étudiants, professeurs, personnels. Pourquoi cela ne pourrait-il pas être possible au sein du projet Mozilla ?

Attention, je ne parle pas d’un siège qui serait là juste pour faire joli. Je parle d’une personne — et pourquoi pas plus — qui serait membre des communautés et qui donnerait son avis éclairé par des conseils des contributeurs ?

Bien sûr, je me doute que tout cela n’est pas évident à penser et à mettre en place. Mais pourquoi pas à côté du Manifesto une Constitution discutée et mise en place par l’ensemble des contributeurs — employés, dirigeants et bénévoles — ensemble.

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